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Au premier trimestre 2026, le Canada s'est retrouvé confronté à un ensemble évolutif de vents contraires géopolitiques et commerciaux qui continuent de compliquer ses perspectives économiques intérieures. La dernière fois , nous avons examiné si une récession était imminente, les options de politique monétaire de la Banque du Canada et les perspectives d'inflation. Nous poursuivrons notre mise à jour du deuxième trimestre en examinant la croissance attendue du PIB et l'impact du marché du travail.
Le PIB réel du Canada a augmenté de 1,7 % en 2025, principalement en raison de la demande intérieure, les difficultés commerciales et la faiblesse de la productivité ayant annulé en partie la croissance. Selon les projections de la Banque du Canada pour janvier 2026, la consommation des ménages, les dépenses publiques, l’activité du marché de l’habitation et les investissements modestes des entreprises ont contribué à la croissance à hauteur d’environ 1,7 point de pourcentage, tandis que les exportations nettes ont été peu favorables. La consommation des ménages a été résiliente, car la baisse de l’inflation a stimulé la croissance des salaires réels, renforcée par un effet de richesse positif découlant de la solide performance absolue des marchés, en particulier ceux des actions canadiennes. Les dépenses publiques ont également eu un apport important, du fait des programmes d’infrastructures et des investissements publics ciblés, et ce, même si les investissements du secteur privé sont restés faibles. La baisse des taux d’intérêt a également soutenu les dépenses de consommation et contribué à la stabilisation des secteurs sensibles aux taux d’intérêt.
Les exportations nettes ont toutefois freiné la croissance. Bien que le statut du Canada en tant qu’exportateur net d’énergie ait fait contrepoids, le PIB global a été soutenu mécaniquement par la baisse des importations, un rajustement qui reflète une baisse de la demande intérieure plutôt qu’une amélioration de la compétitivité. Le rendement des exportations a été limité par les droits de douane sectoriels sur le bois d’œuvre, l’acier, l’aluminium et les pièces automobiles qui ne sont pas visés par l’ACEUM. Même si le Canada a réalisé des progrès pour diversifier son exposition aux exportations vers les États-Unis, comme le montre la figure 4, dans laquelle la part des exportations américaines est passée de 76 % en décembre 2024 à 68 % en janvier 2026, la situation demeure difficile dans son ensemble. Les exportations totales ont reculé d’environ 10 % au cours de la même période, ce qui souligne la difficulté de traduire les efforts de diversification en croissance globale des exportations.
Dans le contexte actuel du conflit au Moyen-Orient, la figure 1 donne à penser que l’incidence sur le PIB du Canada est modeste, mais légèrement positive. Les périodes prolongées où les prix du pétrole sont élevés ont tendance à avantager de façon disproportionnée les régions productrices d’énergie comme le Canada, mais ces gains seraient de plus en plus neutralisés par la baisse de la demande globale dans d’autres segments de l’économie. Le PIB devrait atteindre un sommet dans un scénario modéré où le conflit persistera pendant trois à six mois. Au-delà de cet horizon, les prix résolument élevés du pétrole, bien que favorables au secteur de l’énergie, commenceraient à peser davantage sur la consommation et l’activité non énergétique.
Les changements structurels dans le secteur canadien de l’énergie limiteraient davantage le potentiel de hausse. Les investissements pétroliers et gaziers sont maintenant inférieurs de moitié à leur niveau d’il y a dix ans, et les grands et nouveaux projets énergétiques nécessitent non seulement des prix élevés, mais aussi une certitude soutenue à l’égard des prix sur de longues périodes. Par conséquent, l’incidence de la hausse des prix du pétrole sur le PIB devrait se matérialiser principalement sous forme de hausse des bénéfices des sociétés et des redevances gouvernementales plutôt que d’une augmentation marquée des investissements en immobilisations.
Le PIB du Canada s’est contracté de 0,6 % au quatrième trimestre, en raison principalement des baisses de stocks, les entreprises ayant vendu les stocks qu’elles possédaient plutôt que d’accroître leur production. Le signal le plus encourageant est venu de la demande intérieure finale, qui a rebondi, car les dépenses de consommation, qui représentent plus de la moitié du PIB, ont été résilientes. Les Canadiens ont continué de dépenser pour les voyages, les loisirs et d’autres services en personne, ce qui a aidé à compenser la faiblesse d’autres segments de l’économie.
Le PIB par habitant du Canada a augmenté au cours des derniers trimestres, comme le montre la figure 5. Un facteur clé a été le ralentissement marqué de la croissance de la population, qui semble avoir reculé de 75 000 personnes sur une base nette semestrielle dans la deuxième moitié de 2025 d’environ, ce qui a permis à l’économie d’éviter une baisse prononcée de la production par habitant. Au début du cycle, les gains rapides sur le plan démographique ont constamment surpassé la création d’emplois et la croissance de la production, ce qui a fait reculer le PIB par habitant, même si le PIB global a augmenté. Au milieu de 2025, la courbe de croissance de la population s’était aplatie, ce qui avait atténué la dilution arithmétique de la production et permis au PIB par habitant de se redresser.
Le soutien budgétaire commence également à jouer un rôle plus important. L’embauche dans le secteur public et les dépenses en infrastructures, y compris les projets liés à la défense et aux initiatives vertes, augmentent la demande à un moment où les investissements du secteur privé demeurent faibles. Si l’on tient également compte des attentes quant à une croissance mondiale supérieure à la tendance, nous prévoyons une croissance du PIB réel canadien de 1,8 % en 2026. Ces perspectives demeurent toutefois sensibles aux risques externes, en particulier à l’issue des prochaines négociations sur l’ACEUM.
Au début de 2026, le marché de l’emploi a subi un choc inattendu, le Canada ayant perdu près de 110 000 emplois même si la croissance de la population avait déjà stagné au deuxième semestre de 2025. La baisse sur deux mois a été généralisée et concentrée dans le secteur privé et les emplois à temps plein, un ensemble de dynamiques néfastes pour le marché du travail. Le nombre moyen d’heures travaillées est également passé de 32,9 en janvier à 31,1 en février. Bien que les résultats de l’Enquête sur la population active soient intrinsèquement volatils et que les données mensuelles doivent être interprétées avec prudence, les tendances sous-jacentes sont préoccupantes. Les pertes d’emplois consécutives ont eu pour effet d’effacer la majeure partie des gains d’emplois enregistrés à la fin de 2025, la majeure partie du recul s’étant produite dans le secteur privé, en raison des licenciements au sein des entreprises confrontées à une baisse de la demande et à une hausse des pressions sur les coûts. En février, le taux de chômage est passé de 6,5 % à 6,7 % (voir la figure 6).
Nous nous attendons à ce qu’un ralentissement démographique influe sur les perspectives au cours des prochaines années, à mesure que la croissance de la population ralentira. La hausse de l’emploi à temps plein, la croissance des salaires réels, les pertes d’emplois limitées et les effets positifs des marchés financiers sur la richesse devraient offrir une solide base en ce qui a trait à la consommation des ménages, ce qui devrait compenser la faiblesse des investissements des entreprises.
Au cours de la dernière année, le secteur manufacturier a été le plus durement touché, en raison des perturbations commerciales et de la baisse de la demande étrangère. D’importantes pertes d’emplois ont également été enregistrées dans les services de soutien aux affaires, l’agriculture et le commerce de détail. En revanche, les soins de santé et l’aide sociale se démarquent comme d’importants moteurs de croissance au chapitre de l’emploi, car les hôpitaux et les établissements de soins de longue durée ont accru leurs embauches pour répondre à la demande croissante, ce qui en fait de loin les segments qui ont le plus contribué à la création d’emplois dans l’ensemble.
Malgré les signes de ralentissement du marché de l’emploi, la croissance des salaires est demeurée résiliente. Au début de 2026, les salaires horaires moyens avaient augmenté à un rythme légèrement supérieur à l’inflation, ce qui a permis aux salaires réels de retourner en territoire positif pour la première fois depuis 2020.
Le ralentissement abrupt de la croissance de la population active est une caractéristique déterminante du marché actuel de l’emploi au Canada. Après plusieurs années d’augmentation rapide de la population, la croissance a stagné à la suite d’une baisse délibérée de l’immigration et des résidents non permanents. Les données font désormais clairement état des changements apportés à la politique fédérale visant à réduire le nombre d’étudiants internationaux et de travailleurs temporaires, comme le montre la figure 7, le nombre de titulaires de permis d’études ayant diminué au cours des derniers trimestres.
Par conséquent, la population canadienne pourrait légèrement diminuer en 2026, ce qui exercerait des pressions à la baisse sur la participation de la population active et réduirait le bassin de travailleurs disponibles. Bien que cette dynamique puisse contribuer à maintenir le taux de chômage à un niveau bas en entraînant une réduction du nombre de personnes à la recherche d’un emploi, elle limite également l’offre de main-d’œuvre et réduit le PIB potentiel du Canada au fil du temps.
Nous nous attendons à ce que les conditions du marché de l’emploi s’améliorent graduellement à mesure que l’incertitude diminue, que le ralentissement de l’immigration freine la croissance de la population et que la demande soutenue des consommateurs contribue à une hausse marquée des salaires réels.
Le conflit au Moyen-Orient devrait avoir une incidence régionale asymétrique, les régions productrices d’énergie profitant des prix élevés du pétrole, tandis que les pressions inflationnistes plus fortes pourraient limiter l’embauche dans des secteurs plus sensibles aux taux d’intérêt et aux coûts si le conflit se prolonge.
Nous nous attendons à ce que le taux de chômage diminue pour s’établir à environ 6,5 % d’ici la fin de l’année, en raison des politiques expansionnistes, du ralentissement de la croissance démographique et de la résilience du secteur des ménages.
Ashish Dewan, CFA, CFP, est stratège principal en investissement chez Vanguard Investments Canada. Extrait de « Canada 2026 Q2 Outlook : Résilience face aux courants géopolitiques croisés ».
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Image: iStock.com/Vitalij Sova
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