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Le Canada résilient face aux courants géopolitiques croisés

Publié le 04-15-2026

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La Banque du Canada est contrainte par les baisses de taux au T2

 

À mesure que s’écoule le premier trimestre de 2026, le Canada se trouve aux prises avec une combinaison familière, mais en évolution, de difficultés géopolitiques et commerciales qui continuent de complexifier ses perspectives économiques. Bien que la plupart des exportations du Canada vers les États-Unis restent exemptées de droits de douane en vertu des règles de l’ACEUM, l’incertitude persistante à l’égard de la politique commerciale a renforcé la prudence des entreprises, ce qui a miné la confiance des entreprises et les investissements non résidentiels.

Par ailleurs, les prix élevés du pétrole résultant du conflit en Iran auront probablement un léger effet positif au Canada, car le pays est un exportateur net d’énergie. Même s’il est possible que les prix de l’énergie alimentent l’inflation de base et pèsent sur les dépenses discrétionnaires des ménages, l’effet général des termes de l’échange devrait continuer de soutenir l’économie canadienne. La Banque du Canada (BdC) pourrait être forcée de resserrer sa politique monétaire si l’inflation accélère de nouveau ou si les événements géopolitiques, notamment le conflit au Moyen-Orient, commencent à faire augmenter les attentes en matière d’inflation. Comme les taux obligataires ont augmenté au Canada, un certain resserrement lié à la crise au Moyen-Orient s’est déjà produit, et ce, même si les marchés canadiens de l’emploi continuent de s’affaiblir.

Une récession est-elle imminente au Canada ?

Nous avons effectué une analyse de scénarios pour évaluer les conséquences macroéconomiques de la hausse des prix du pétrole, en nous fondant sur diverses hypothèses quant à la durée du conflit au Moyen-Orient et à son incidence sur le PIB, l’inflation globale et l’inflation de base. Dans les trois scénarios, le Canada évite une récession. Notre analyse révèle également qu’un prix du pétrole demeurant à 150 $ le baril en 2026 suffirait à causer une récession aux États-Unis.

Le tableau ci-dessous résume les effets économiques prévus des prix élevés du pétrole. Notre évaluation s’appuie sur ce que l’on a observé par le passé et tient explicitement compte des forces neutralisantes des politiques budgétaire et monétaire. L’aspect à souligner en ce qui concerne le Canada est que, même si la hausse des prix du pétrole fait grimper le PIB dans les trois scénarios, l’avantage net sur le plan de la croissance atteint un pic dans le scénario modéré. Les périodes prolongées où les prix du pétrole sont élevés profitent de façon disproportionnée aux régions productrices d’énergie, mais pèsent sur l’ensemble de la demande dans d’autres segments de l’économie, ce qui finit par limiter la croissance globale.

La politique budgétaire aura un léger effet positif grâce à des initiatives sectorielles ciblées et à des programmes d’infrastructures continus. Si l’on tient également compte des attentes quant à une croissance mondiale supérieure à la tendance, nous prévoyons une croissance du PIB réel canadien de 1,8 % en 2026. L’inflation de base a ralenti jusqu’à la fin de 2025, ce qui a donné à la Banque du Canada la marge de manœuvre nécessaire pour réduire les taux de 100 points de base au total l’an dernier. Nous nous attendons à ce que le taux directeur demeure à la limite inférieure de la fourchette de taux neutre, soit à 2,25 %, tout au long de l’année, même si les marchés prévoient des hausses de taux pour le second semestre de 2026, comme le montre la figure 2, en partie en raison des craintes que l’inflation liée au pétrole force la BdC à agir. Nous nous attendons à ce que la BdC fasse fi des chocs de prix causés par l’offre tant que persistent les attentes en matière d’inflation.

Les pertes d’emplois au Canada en janvier et en février 2024 comptent parmi les plus importantes en dehors celles enregistrées lors de grandes récessions. Nous nous attendons à ce que le taux de chômage diminue au cours des prochains trimestres, en raison non pas d’un rebond de l’embauche, mais plutôt d’une baisse de la participation de la population active, un signe précoce du ralentissement démographique qui devrait influer sur le marché de l’emploi dans les prochaines années. La croissance des salaires réels et le rythme relativement modeste des nouvelles pertes d’emplois devraient également contribuer à stabiliser les conditions du marché de l’emploi.

Politique monétaire

Lors de sa réunion du 18 mars, la BdC a choisi de maintenir son taux directeur à 2,25 %, ce qui indique que l’inflation globale a diminué pour passer à 1,8 % en février et que l’économie canadienne affiche une offre excédentaire, comme en témoigne la contraction de 0,6 % du PIB au quatrième trimestre de 2025 et le ralentissement du marché de l’emploi. La politique monétaire est déjà suffisamment restrictive en raison de la faible croissance du crédit, de la morosité du marché de l’habitation et du fait que de nombreux ménages doivent refinancer leur prêt hypothécaire à un taux beaucoup plus élevé en 2026. Compte tenu de ces dynamiques, les dirigeants estiment qu’il n’est pas nécessaire de relever davantage les taux. Nous sommes d’avis que les marchés envisagent à tort un trop grand nombre de hausses, car ces signes agissent contre le resserrement de la politique monétaire.

En discutant de la possibilité d’une baisse des taux, le gouverneur Tiff Macklem a souligné que la BdC demeure prête à passer outre les effets inflationnistes immédiats découlant du conflit au Moyen-Orient, à condition que ces pressions ne se traduisent pas par une inflation persistante. La flambée des prix du pétrole à l’échelle mondiale, alimentée par la guerre, a temporairement fait grimper l’inflation globale au Canada, ainsi que dans d’autres régions. La BdC a indiqué qu’elle était disposée à tolérer une hausse à court terme de l’inflation au-dessus sa cible de 3 %, à condition que cette hausse soit clairement attribuable à des chocs externes temporaires et que les attentes d’inflation à long terme restent stables. Le contexte d’inflation relativement modérée au Canada procure à la BdC une plus grande souplesse sur le plan monétaire que celle dont dispose la banque centrale des États-Unis. Dans ce contexte, la BdC pourrait être ouverte à d’autres réductions de taux. Toutefois, une telle décision dépendra de la confirmation que le choc énergétique ne se révélera pas plus grave ou plus persistant que prévu et n’aura pas d’effets secondaires sur les salaires et les attentes d’inflation.

La Banque des Représentants contraint les baisses de taux

Selon nous, il est peu probable que la Banque du Canada réduise davantage les taux tant que l’on n’en saura pas plus sur la durée et l’ampleur du conflit au Moyen-Orient et que l’affaiblissement des conditions du marché de l’emploi persistent et se généralisent davantage. L’incidence inflationniste de la politique budgétaire intérieure constitue une autre contrainte pour les perspectives de la politique monétaire. Les dépenses en infrastructures à grande échelle, les initiatives en matière de logement, les incitatifs fiscaux pour une économie propre et les engagements accrus en matière de défense devraient entraîner un niveau plancher structurel en ce qui a trait aux réductions de taux d’intérêt.

La BdC surveillera également l’évolution de l’ACEUM, en particulier parce que de nombreuses décisions de placement demeurent en suspens avant la révision conjointe, et elle évaluera le risque de perturbations de la chaîne d’approvisionnement découlant du conflit au Moyen-Orient. Ensemble, ces facteurs sous-tendent notre opinion de base selon laquelle la BdC maintiendra sa politique monétaire actuelle et les taux inchangés tout au long de 2026.

Inflation

L’inflation globale (indice des prix à la consommation ou IPC) a continué de diminuer et est maintenant inférieure à la cible de 2 % de la Banque du Canada, en plus des signes de faiblesse des marchés de l’emploi. L’IPC a ralenti pour toucher 1,8 % sur 12 mois en février 2026 (voir la figure 3), contre 2,3 % en janvier, le ralentissement reflétant en grande partie les effets de l’année de base liés à la fin du congé temporaire de TPS et de TVH du 14 décembre 2024 au 15 février 2025. Comme le congé de taxes s’appliquait aux repas et aux boissons en restaurant et s’est terminé à la mi-février l’an dernier, les prix des repas en restaurant sont demeurés élevés, à 7,8 % sur 12 mois. Malgré tout, l’inflation globale des aliments a ralenti, passant de 7,3 % en janvier à 5,4 % en février, ce qui laisse entrevoir une baisse notable des prix de la viande. Malgré cet assouplissement, l’inflation des aliments demeure nettement supérieure à l’IPC global et reste sensible aux prix de l’énergie, ce qui témoigne de la dépendance du segment aux intrants de carburant et à la production d’engrais. Un conflit prolongé au Moyen-Orient pourrait accentuer les pressions à la hausse sur l’inflation des aliments, et les conditions météorologiques défavorables pourraient aggraver ces effets en entraînant une hausse des coûts des aliments et des engrais.

Si l’on fait abstraction des catégories volatiles des aliments et de l’énergie, l’inflation sous-jacente au Canada est proche de sa cible et continue de ralentir. La moyenne de l’IPC tronqué et de l’IPC médian, soit les mesures de base que privilégie la Banque du Canada, a ralenti pour toucher 2,3 % en février 2026, contre 2,45 % en janvier. Notre analyse donne à penser qu’un conflit prolongé au Moyen-Orient accentuerait l’inflation de base d’environ 30 points de base (voir la figure 1), tandis que l’inflation globale pourrait augmenter d’environ 75 points de base. Il y a lieu de souligner que la moyenne annualisée sur trois mois de l’IPC tronqué et de l’IPC médian est tombée sous la barre des 1 %, ce qui laisse entrevoir un élan désinflationniste et des progrès importants à l’égard de l’inflation. Ce contexte donnerait à la Banque du Canada une plus grande marge de manœuvre pour assouplir sa politique monétaire si les conditions du marché de l’emploi se détérioraient davantage. La faiblesse de la demande intérieure et les attentes d’inflation bien ancrées devraient contribuer à contenir l’inflation de base. Par conséquent, une reprise de l’inflation alimentée par l’énergie ne devrait pas déclencher une spirale inflationniste plus large ou persistante, à condition que la croissance des salaires et les comportements des entreprises en matière de prix ne réagissent pas fortement à ce qui devrait être une hausse temporaire des coûts de l’énergie.

Au-delà du risque d’un conflit prolongé au Moyen-Orient, la reprise des perturbations de la chaîne d’approvisionnement mondiale et la hausse des coûts de la main-d’œuvre représentent des facteurs qui pourraient provoquer une hausse de l’inflation. Les coûts d’intérêt hypothécaire ont déjà augmenté en raison des hausses de taux passées. Si la Banque du Canada resserre davantage sa politique monétaire, la hausse des coûts d’emprunt pourrait faire grimper les coûts d’intérêt hypothécaire et, par conséquent, l’inflation globale. Au cours du cycle de hausse de 2022 à 2023, l’inflation des coûts d’intérêt hypothécaire a parfois alimenté l’IPC global de près d’un point de pourcentage, et ce, malgré sa pondération relativement modeste dans l’indice1.

Nous nous attendons à ce que l’inflation de base atteigne environ 2,2 % à la fin de l’année, à moins que le conflit au Moyen-Orient ne persiste encore plus de trois mois ou que d’autres chocs externes ne surviennent.

La prochaine fois : les perspectives de croissance du PIB canadien et des marchés du travail au deuxième trimestre.

Ashish Dewan, CFA, CFP, est stratège principal en investissement chez Vanguard Investments Canada. Extrait de « Canada 2026 Q2 Outlook : Résilience face aux courants géopolitiques croisés ».

Notes

1. Bloomberg

Avertissement

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Les projections du VCMM sont basées sur une analyse statistique des données historiques. Les rendements futurs pourraient se comporter différemment des schémas historiques capturés dans le VCMM. Plus important encore, le VCMM pourrait sous-estimer des scénarios extrêmement négatifs non observés durant la période historique sur laquelle l'estimation du modèle est basée.

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Image: iStock.com/DavidByronKeener

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