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Pendant des décennies, l’économie japonaise a été synonyme d’inertie. Entre pressions déflationnistes persistantes, croissance salariale anémique et rendements obligataires durablement faibles, le pays semblait prisonnier d’un régime de stagnation. Or, les signaux récents indiquent un changement de dynamique. Après une longue période d’atonie, le Japon montre désormais des signes clairs de reflation.
Le récit économique évolue, et les marchés financiers commencent à en prendre acte. Au-delà de l’amélioration des perspectives de croissance domestique, les investisseurs évaluent aussi les répercussions mondiales potentielles si l’un des plus grands créanciers de la planète commence à réallouer davantage de capital vers son marché intérieur.
Les signes de reflation sont visibles à plusieurs niveaux. La croissance des salaires, maillon historiquement faible des cycles inflationnistes japonais, s’accélère à la faveur de négociations salariales annuelles plus généreuses. Le marché du travail est tendu selon les standards historiques, la rentabilité des entreprises demeure solide, et la consommation progresse graduellement à mesure que les revenus augmentent et que la confiance se renforce. L’inflation, longtemps insaisissable, s’installe désormais plus largement dans les biens comme dans les services. Par ailleurs, les exportations continuent de bénéficier d’une demande mondiale résiliente dans les segments manufacturiers à forte valeur ajoutée, malgré les perturbations liées aux tarifs américains et aux ajustements des chaînes d’approvisionnement.
Le contexte politique pourrait amplifier cette tendance. La victoire nette de Sanae Takaichi aux élections générales de début février ouvre la voie à une orientation budgétaire nettement plus expansionniste. Les priorités annoncées, centrées sur la politique industrielle, la sécurité énergétique et le soutien à la demande intérieure, constituent l’un des virages budgétaires les plus ambitieux envisagés depuis plusieurs années. Injecter une relance budgétaire dans une économie déjà engagée sur une trajectoire reflationniste revient à accentuer une dynamique déjà en marche.
Cela dit, certains risques demeurent. Les défis structurels n’ont pas disparu. Le vieillissement démographique continue de peser sur l’offre de travail et sur la croissance potentielle de la demande intérieure. La concurrence chinoise dans les secteurs manufacturiers avancés et technologiques s’intensifie, ce qui pourrait limiter les ambitions industrielles et la performance à l’exportation. À court terme, les tensions commerciales internationales représentent également un facteur d’incertitude, même si les exportations japonaises ont fait preuve d’une résilience notable depuis le début du second mandat de Donald Trump. Enfin, la normalisation de la politique monétaire et la volatilité du yen constituent des risques additionnels, en particulier si la Banque du Japon devait accélérer le resserrement, bien qu’elle ait jusqu’à présent agi avec prudence.
Les marchés financiers commencent déjà à intégrer ce nouveau régime. Les rendements des obligations d’État japonaises sont orientés à la hausse, reflétant à la fois de meilleures perspectives de croissance et un début de normalisation monétaire. Cette remontée des rendements a des implications majeures pour les investisseurs institutionnels japonais, parmi les plus importants détenteurs mondiaux d’obligations étrangères. Depuis des décennies, ces investisseurs ont exporté du capital à la recherche de rendement. Si les rendements domestiques deviennent structurellement plus attrayants, même des flux de rapatriement modestes pourraient avoir un impact significatif sur les marchés obligataires mondiaux.
Sur le plan des devises, un resserrement durable des différentiels de taux d’intérêt soutiendrait le yen à moyen terme, surtout si les flux de capitaux s’inversent. Du côté des actions, un environnement reflationniste pourrait favoriser les entreprises japonaises grâce à un meilleur pouvoir de fixation des prix, une croissance nominale plus robuste des bénéfices et la poursuite des réformes de gouvernance qui encouragent une allocation du capital plus efficiente. Toutefois, une appréciation structurelle du yen pourrait réduire la compétitivité-prix des exportateurs.
Pour les marchés mondiaux, cette évolution dépasse largement les frontières du Japon. Elle oblige à réexaminer des hypothèses qui ont prévalu pendant toute une génération.
Voici un résumé de notre stratégie d’actifs actuelle.
Liquidités. Dans un environnement reflationniste susceptible d’exercer une pression haussière sur les rendements obligataires à long terme, il devient essentiel de diversifier les sources de stabilisation du portefeuille afin de compenser le risque actions. Les liquidités, les équivalents de trésorerie (y compris les obligations à court terme) ainsi que l’or jouent ainsi un rôle clé comme amortisseurs de volatilité.
Les niveaux de liquidités demeurent neutres ce trimestre, tandis que les stratégies équilibrées et de croissance conservent une exposition à l’or physique comme outil de diversification.
Obligations. Les obligations souveraines des marchés émergents libellées en devise locale bénéficient actuellement de plusieurs vents favorables : des taux d’intérêt réels nettement supérieurs à ceux des marchés développés, des pressions inflationnistes modérées dans la majorité des pays et le retour progressif des flux d’investisseurs étrangers après plusieurs années de sorties de capitaux.
Par ailleurs, les baisses de taux de la Réserve fédérale américaine et l’affaiblissement du dollar américain offrent une plus grande flexibilité aux banques centrales des marchés émergents en matière de politique monétaire.
L’exposition à la dette émergente demeure surpondérée et a été légèrement augmentée au cours du trimestre.
Actions. Le stimulus budgétaire déployé par plusieurs grandes économies sera un facteur déterminant en 2026. Dans un contexte reflationniste, cette dynamique devrait soutenir la croissance des bénéfices des entreprises.
Cela dit, la forte performance des marchés boursiers mondiaux cette année a dépassé l’amélioration des fondamentaux, entraînant une compression des marges de sécurité sur le plan des valorisations et un risque accru de correction.
Nous maintenons une surpondération modérée des actions dans les portefeuilles clients.
Opportunités. Les prix du cuivre devraient être soutenus par une combinaison de facteurs structurels : affaiblissement du dollar américain, modernisation des réseaux électriques, demande croissante liée aux centres de données, électrification accrue des transports et impulsion reflationniste alimentée par des politiques budgétaires expansionnistes dans plusieurs grandes économies.
Dans ce contexte, les sociétés minières spécialisées dans le cuivre devraient bénéficier d’une activité soutenue en matière de fusions et acquisitions, d’une progression des bénéfices et d’une plus grande flexibilité dans l’allocation de leur flux de trésorerie disponible (investissements, rachats d’actions, dividendes).
Nous avons initié une position en actions de producteurs mondiaux de cuivre dans les stratégies équilibrées et de croissance ce trimestre.
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David Kletz, CFA, est gestionnaire principal de portefeuille à Forstrong Global Asset Management. Cet article a été publié pour la première fois sur le blogue de Forstrong. Utilisé avec permission. Vous pouvez joindre M. Kletz par téléphone à Forstrong Global, au 1-888-419-6715 (numéro sans frais), ou par courriel dkletz@forstrong.com.
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Image: iStock.com/manassanant pamai
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